Art et autonomie

Bruxelles : 9èmes Journées d’études Castoriadis - 24-25 mai 2012.

Facultés Universitaires Saint Louis,

Boulevard du Jardin Botanique, 43 - B-1000

 

Résumé de la thématique

Dans le cadre de ces 9èmes Journées d’études Castoriadis, nous souhaitons travailler sur les interactions, les tensions, voire, les contradictions, qui sous-tendent le double sens implicite à notre intitulé : l’art comme créateur d’un monde autonome/l’art comme vecteur du projet politique d’autonomie, c’est-à-dire d’émancipation démocratique. Castoriadis thématise sous forme de « paradoxe extrême » cette double visée de l’art : « totalement autarcique, se suffisant à lui-même, ne servant à rien, l’art n’est aussi que comme renvoi au monde et aux mondes, révélation de celui-ci comme un être-à perpétuel et inexhaustible moyennant l’émergence de ce qui, jusqu’alors, n’était ni possible, ni impossible : de l’autre » (Fenêtre sur le chaos, p. 27). Selon Castoriadis, le mode d’être spécifique de l’art est en effet de donner forme au chaos. Récusant toute théorie de la mimèsis, Castoriadis considère que l’art « n’imite » rien, si ce n’est ce qui caractérise fondamentalement l’être dans son ontologie de la création : la vis formandi. L’art est une puissance de création qui dévoile et présente (sans symbolisation, sans allégorisme) le chaos ou l’abîme originaire de l’être, — recouvert par l’institution sociale dans la vie quotidienne —, « moyennant un « donner forme » et en même temps la création d’un cosmos par ce donner forme » (Fenêtre sur le chaos, p. 135).

Comment je ne suis pas devenu musicien

Entretien radiophonique entre la pianiste grecque Dora Bacopoulou et Cornelius Castoriadis diffusé le 22 novembre 1996 sur le « Troisième Programme » en Grèce. Traduit du grec par Cybèle Castoriadis et Myrto Gondicas. Titre et notes en bas de pages des traductrices.

Dora Bacopoulou. Pouvez-vous nous dire quand et comment naît votre amour pour la musique ?

Cornelius Castoriadis. Cela n’a vraiment rien de très original, je le dois à mes parents, ils adoraient tous deux la musique. Ma mère, sans être une pianiste professionnelle, jouait très bien du piano. J’ai donc baigné dans cette atmosphère. Nous avions aussi à la maison un phonographe et des disques : des chansons, des extraits d’opéras, etc. Je me revois enfant dans le grand salon que l’on ne chauffait pas l’hiver pour faire des économies. Je m’asseyais sur un pouf à côté du piano, j’écoutais jouer ma mère. Du Chopin, les Valses, la Grande Polonaise, d’autres choses, et je me perdais dans cette musique.

Musique pour Cornelius Castoriadis

Le Temple du Sens

Phlippe Démier, Published: 2008-10-07

Le compositeur Philippe Démier s’est inspiré de l’oeuvre de Castoriadis pour cette création, qu’il lui a dédiée. Vous pouvez en écouter des extraits en cliquant sur les icônes. Interprétation : orchestre du Festival Envolées musicales.

Jeudi 1er, vendredi 2 et samedi 3 mars 2007

Cornelius Castoriadis (1922-1997)

Réinventer l’autonomie

Colloque 

organisé par l’université

Paris 8

et l’université de Cergy-Pontoise

Economiste, psychanalyste, philosophe, analyste critique de la politique, Cornelius Castoriadis est une figure marquante de la pensée contemporaine. Organisé à l’occasion des dix ans de sa disparition, ce colloque doit fournir l’occasion de repenser la notion d’autonomie, thème central dans le travail de Castoriadis, en interrogeant aussi bien les rapports entre théorie et pratique (première journée) que le problème de l’imaginaire social-historique (deuxième journée) ou la question des institutions politiques à même de favoriser l’accès des individus à l’autonomie dans le cadre d’une société réellement démocratique (troisième journée). Ce colloque devrait être l’occasion d’un travail de réflexion pour repenser les conditions d’un penser et d’un agir autonome avec Castoriadis.

Organisateurs : Nicolas Poirier, Sion Elbaz, Blaise Bachofen

Contacts : Castoriadis2007@univ-paris8.fr

http://www.castoriadis.org

du 23 au 25 mars 2007 Colloque de la Nordic Summer University

La rencontre organisée par la Nordic Summer University à Paris en février dernier a donné naissance à un projet de séminaire d’une durée de trois ans (2007-2010) intitulé « Création, rationalité et autonomie » consacré à l’étude de l’œuvre de Castoriadis et qui se déroulera dans le cadre de NSU.

Une société à la dérive

 
Extrait du texte "Réponse à Richard Rorty"
Je voudrais commencer par dire mon embarras d’avoir à répondre à l’exposé de Richard Rorty. D’abord parce que j’ai beaucoup d’affection pour lui tout en étant en total désaccord avec ce qu’il dit, ce qui n’est pas une position facile. D’autre part, je ne me reconnais absolument pas dans ce « nous » royal, ou ce « nous » d’autoflagellation qu’il utilise dans son exposé pour qualifier les intellectuels – et ceux qui connaissent un peu ce que j’ai écrit comprendront ce que je veux dire. Troisièmement et surtout, parce que son exposé, derrière une apparente bonhomie, remet tout en cause, soulève une foule de questions, avec des présupposés sur ce qu’est la philosophie ou l’histoire de l’humanité qu’il n’était évidemment pas question pour lui d’argumenter sérieusement en trois quarts d’heure – il n’y a d’ailleurs pas de fondation possible dans ce genre de discussion –, mais qui renvoient à ce qu’il a écrit par ailleurs. Ça n’aurait guère d’intérêt que je lui réponde par une série symétrique d’affirmations s’appuyant sur ce que j’ai déjà dit et écrit : l’auditoire n’y trouverait que la pure opposition de deux séries de thèses. J’ai donc préféré centrer mon intervention sur quelques points qui me semblent, comme on dit, stratégiques ou qui, peut-être, ont particulièrement irrité ma sensibilité politico-philosophique.

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