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Quelques repères biographiques


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Cornelius CASTORIADIS

(1922-1997)

Né à Constantinople en 1922, arrivé en France en 1945 pour y faire une thèse de philosophie, puis installé dans ce pays où il écrira toute son œuvre en français, Castoriadis a marqué son époque à deux titres. Sur le plan politique d’abord : il fut le co-fondateur et l’animateur principal, de 1949 à 1965, d’un groupe et d’une revue, Socialisme ou barbarie (issus d’une dissidence avec le mouvement trotskyste, ils s’en éloigneront au point de rompre avec le marxisme lui-même) qui ont compté dans la vie politique et intellectuelle, en France et ailleurs, exerçant une influence considérable, d’abord souterraine, puis ouverte à partir de 1968. Sur le plan philosophique, plus tard, par une activité multiforme, à la croisée de plusieurs domaines : philosophie de l’histoire, épistémologie, psychanalyse, économie… Cette recherche philosophique, dont Castoriadis avait fait très tôt sa raison de vivre, remonte au tout début de ses années d’études en Grèce ; mais elle n’est devenue publique qu’assez tard, à partir de 1970, lorsque, après un quart de siècle de séjour en France, il put, ayant été naturalisé, publier sous son nom.

Mais entre le militant révolutionnaire et le philosophe, il n’y a pas de coupure ; nous trouvons, au contraire, une continuité profonde. Elle est dans le mouvement d’une pensée qui se veut « interrogation perpétuelle, remise en cause radicale des significations héritées, dans la perspective de l’autonomie individuelle et collective » (comme l’écrit Nicolas Poirier dans son excellente présentation, Castoriadis. L’imaginaire radical, Paris, P.U.F., 2004). Cette réflexion, qui donnera lieu, de 1981 à 1995, à un enseignement à l’ Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), s’est nourrie, outre l’activité militante, de deux pratiques professionnelles : l’économie (Castoriadis a travaillé comme expert à l’OCDE de 1945 à 1970) et la psychanalyse (qu’il a pratiquée de 1973 à sa mort).

Castoriadis tenait à la Grèce par des liens affectifs et intellectuels très forts, qui n’ont cependant jamais limité son esprit critique. Ce qui devait prévaloir à ses yeux, c’était en effet l’idée d’universalité, née dans la Grèce ancienne avec la création conjointe de la démocratie et de la philosophie ; on peut dire qu’il a consacré sa vie à la défendre et à l’élucider.

Son livre fondamental, L’Institution imaginaire de la société (1975), et la série qui l’a suivi, intitulée « Les Carrefours du labyrinthe » (6 volumes parus à partir de 1979), sont publiés aux éditions du Seuil, ainsi que le texte des séminaires donnés à l’EHESS (3 volumes parus).

Pour une première approche, très vivante et d’accès facile, on pourra lire, aux éditions de l’Aube, le texte d’un entretien radiophonique de Castoriadis avec Daniel Mermet, Post-scriptum sur l’insignifiance.